Histoire et développement de nos actions

Depuis sa création il y a une quinzaine d’années, le Groupe initiatives a connu plusieurs phases qui renvoient chacune à des objectifs, des types d’activité, des modalités de structuration interne et d’organisation en constante évolution. Le collectif est né de la volonté de plusieurs structures ONG, professionnelles du développement et de la coopération, d’approfondir leur réflexion commune sur les pratiques et les modes d’intervention en coopération. Dans les premières années (entre 1993 et 1997), le Groupe initiatives était un « club » informel rassemblant les secrétaires généraux et les directeurs des structures membres. Il ne s’agissait pas alors de développer des activités communes. L’objectif était, lors de rencontres, d’échanger, de s’informer mutuellement, de fluidifier l’information, de connaître.

À partir de 1997 et la création de la revue Traverses, l’objectif est devenu faire connaître, rendre partageables les résultats des actions et expériences de terrain. Le Groupe initiatives s’est alors transformé en une plateforme commune pour capitaliser les expériences des membres. La constitution du Groupe initiatives en association a formalisé le collectif. Le cofinancement du projet Traverses par le ministère des Affaires étrangères a permis de mieux structurer les activités du collectif autour de deux pôles : la capitalisation des expériences des membres et la communication sur le développement. Cette phase, et tout particulièrement les activités menées ces dernières années, ont permis de faire du Groupe initiatives un réseau reconnu auprès de ses pairs sur les questions ayant trait à la capitalisation. Elles ont inclus la création d’un site internet, des formations à la capitalisation avec F3E, et un atelier d’écriture pour les acteurs du Sud (voir Traverses n° 18 à 26).

L’évolution du collectif renvoie aujourd’hui aux transformations des modalités de travail dans le milieu de la coopération. Ces dix dernières années, de très importants changements ont modifié l’environnement dans lequel les ONG interviennent. On note tout d’abord un accroissement de la concurrence : le déliement de l’aide implique qu’un nombre plus important d’acteurs peut concourir aux mêmes sources de financements institutionnels (acteurs non gouvernementaux pris au sens large : fondations, collectivités locales, syndicats, entreprises, structures du sud). Ensuite, la montée en puissance des pays émergents et de leur implication dans le développement des PMA, puis les problèmes d’énergie, d’environnement, sans oublier le réchauffement climatique. Enfin, le constat d’une globalisation qui ne permet plus de traiter même un problème local sans en considérer les implications beaucoup plus larges. Le Groupe initiatives, après avoir constaté et pris acte de ces évolutions, a décidé de passer à une nouvelle phase. Une étude, menée en interne, avait permis de revisiter les enjeux poursuivis et d’analyser les évolutions internationales en cours, avec toujours le souci de considérer leur rapport à nos modes d’intervention. Les membres du Groupe avaient la volonté de dépasser le générique pour passer au fédérateur, de faire du Groupe initiatives une plateforme traitant de sujets sous une forme qui lui permette d’être un moteur du milieu français de la coopération. L’objectif est désormais de faire du collectif un espace de débats et d’échanges entre les membres et nos partenaires sur des sujets transversaux, qui donnent un prisme de regard différent par rapport à ce qui est déjà dit ou traité. Pour donner une suite au projet Traverses, le Gi se propose aujourd’hui de renouveler la capitalisation, entreprise jusqu’ici à partir des expériences et des activités particulières de terrain de chacune de nos organisations. Un autre type de capitalisation est envisagé à partir de thèmes actuels et importants qui nécessitent une approche de coopération nouvelle. Si beaucoup se sont saisis de ces thèmes et ont entrepris des échanges et discussions c’est en général dans une optique bien particulière que nous ne pouvons négliger, mais les organisations de solidarité internationale doivent aussi répondre et faire des propositions à la lumière de leur expérience de terrain et de la connaissance du milieu dans lequel elles interviennent. Il ne s’agira pas de se centrer sur des thématiques sectorielles, sur lesquelles d’autres structures publiques, privées, politiques, universitaires… sont déjà engagées, mais bien de proposer un type d’activité qui permette d’avoir une plus-value qualitative tant pour les membres du collectif que pour les autres acteurs de la coopération au développement. Notre but final demeure, malgré tout, identique : aider chacune de nos organisations à prendre position et à adapter de façon plus collective leur posture de coopération face à ces issues ou thèmes nouveaux et pouvoir proposer à l’ensemble du milieu des approches et modalités de travail qui devraient être ainsi mieux cernées.

Pour l’immédiat, trois thèmes ont été retenus :

- Agro-carburants et pays en développement.
- Les relations ONG-Entreprises : L’expérience du Groupe initiatives.
- Migration et Développement.

Les thèmes retenus, au lieu d’être l’objet d’un numéro de Traverses réalisé par un ou deux membres d’une de nos associations, seront l’objet d’une Journée d’étude commune, avec une participation large de nos membres mais aussi de représentants extérieurs qui pourront enrichir nos débats et accroître la valorisation que nous mettrons en œuvre à l’issue de ces journées. En savoir plus sur la première journée d’étude : Les agrocarburants : opportunités et menaces pour les pays du Sud ?"